article crée le 08/07/2020, dernière modification le 21/07/2021

Evolution des pratiques : temps partiel et industrie, c’est possible… !

Cap emploi 63 rencontrait ce matin l’entreprise adaptée Activ’adis pour définir avec elle de nouvelles modalités de collaboration et d’organisation avec un seul objectif : intégrer dans leurs effectifs davantage de personnes qui recherchent un poste à temps partiel.

UNE PART IMPORTANTE DE DEMANDES A TEMPS PARTIEL

Le constat de départ est le suivant : Sur le Puy-de-Dôme, en 2019, presque 4 demandeurs d’emploi handicapés sur 10 recherchent un poste à temps partiel, contre 1 sur 10 pour les demandeurs d’emploi sans problématique de santé. C’est dans la plupart des cas une démarche volontaire, car beaucoup veulent compléter par le travail une Pension d’Invalidité ou l’Allocation Adulte Handicapée. En parallèle, en France en 2018, 18,9% des salariés déclarent travailler à temps partiel (INSEE). Dans plus de 60% des cas, ces salariés évoluent sur des temps partiels supérieurs à un mi-temps (0,5 ETP).

DES OPPORTUNITES D’EMPLOI DANS DES SECTEURS CIBLES

Les solutions d’emploi à temps partiel se retrouvent avant tout dans les métiers d’aide à la personne et de services domestiques au sens large. On trouve ensuite quelques postes administratifs et les métiers de la restauration et du loisir. Enfin, quelques métiers du transport sont représentés (transport de personnes et livraisons express).

INDUSTRIE ET TEMPS PARTIEL

Dans le secteur industriel, les postes à temps partiel sont peu fréquents. Pour ce secteur, souvent caractérisé par du travail posté, des chaines de production et des contraintes de productivité et de fluctuations de charges, le temps partiel présente les inconvénients suivants :

  • charge de travail et de gestion supplémentaire pour les services support (RH, comptabilité, aménagement du poste…)

  • organisation des chaines souvent constituée de binômes, que le changement d’un salarié impacte forcément

  • allongement du temps de formation et d’adaptation au poste

Par contre, dans la plupart des organisations industrielles, il arrive fréquemment que les salariés déjà en place ne voient leur temps de travail impacté par leur état de santé (temps partiel thérapeutique, réduction du temps de travail…). Ce temps partiel « subi » montre bien que l’organisation de travail peut évoluer vers l’intégration de salariés à temps partiel. De même, dans le contexte actuel du marché du travail, aucune entreprise ne peut se priver d’un tiers des compétences existantes sur le marché du travail.

SORTIR DES CADRES HABITUELS

A l’issue des réflexions de ce matin, nous voulons donc vous faire partager les idées et solutions suivantes pour avancer vous aussi sur ce sujet :

  1. Lors du passage à temps partiel thérapeutique de vos salariés, recenser systématiquement les difficultés et ajustements que cela implique. Cela vous permettra d’anticiper les prochains changements, et d’établir un plan de compensation de ces blocages

  2. Lors d’un recrutement, quantifier systématiquement les activités attendues et l’unité d’œuvre de chaque poste (certaines fonctions transverses aux postes existants dans l’entreprise peuvent peut-être être rassemblées sur une seule personne et un seul poste)

  3. Identifier dans l’entreprise les postes déjà tenus par des salariés à temps partiel reclassés

  4. A la mise en œuvre de nouveaux projets, créer dès le départ des activités calibrées pour moins d’un ETP

  5. Constituer dans l’entreprise un pool de remplaçants ou de salariés « volants » et polyvalents à temps partiel

  6. Communiquer sur les opportunités de stages à temps partiel pour changer les mentalités en interne et se faire connaître vers l’externe

  7. Adapter les temps de formation et d’adaptation au poste en y incluant des temps à distance, ou en apprentissage par ordinateur, plus adaptés aux contraintes de certains salariés


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